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La marche du sel et la pratique régulière du rouet furent deux actions lumineuses de Gandhi, dans le cadre du combat non-violent vers l'indépendance de l'Inde. Que représentaient ces actions-symboles ? Quelles seraient leurs échos aujourd'hui ? Intéressons-nous ici à la pratique du rouet. Le rouetLe rouet permettait aux Indiens de fabriquer leurs propres vêtements et ainsi devenir indépendants du pouvoir anglais, du moins en ce qui concerne cet aspect de leur vie. Gandhi filant (Gujarati Handwriting: Mohandas Gandhi, Date: 19-12-1929) Voici un extrait de Wikipedia à propos du rouet. "Revenant en Inde après son séjour en Afrique du Sud, il abandonna le port de vêtements occidentaux, qu'il associait à la richesse et au succès. Il s'habilla pour être accepté par les plus pauvres en Inde, et il promut l'utilisation de vêtements tissés à la maison (khadi). Gandhi et ses partisans fabriquaient donc les vêtements qu'ils portaient ; ils encourageaient les autres à faire de même dans le but de redonner une certaine autonomie économique à l'Inde rurale, autonomie laminée par la domination de l'industrie britannique qui détenait alors les filatures industrielles. Le rouet fut bientôt incorporé au drapeau du parti du congrès indien. " http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi - Pratiquement, l'utilisation du rouet permettait de fabriquer ses vêtement.
- C'était donc une non-coopération avec l'Angleterre et ses filatures.
- Cette non-coopération était une action non-violente et conduisait alors à plus d'autonomie.
C'est à mon sens une action non-violente typique, exemplaire. Aujourd'hui Qui est l'envahisseur, qui joue le rôle de l'Angleterre dans l'Inde de Gandhi ? Au-delà de l'incroyable amas de "choses" qu'est devenue notre vie, quelles sont les indispensables ? - Se nourrir, boire,
- Se vêtir,
- S'abriter, se réchauffer...
Voir à ce sujet la Pyramide de Maslow. Si cette taxonomie est aujourd'hui critiquée, il reste que ses "concurrentes" placent toutes les besoins physiologiques à la première place (parfois avec d'autres). Nourriture et eau
La nourriture, l'eau... A l'heure (début 2008) où le monde connaît des émeutes de la faim, cette considération prend un relief particulier, qui d'ailleurs me renvoie vers les décennies ayant précédé la révolution française. A l'époque, le but n'était pas l'abolition de la monarchie, le but était de ne pas mourir de faim, le but était de manger, simplement. Aujourd'hui, nous sommes bien souvent urbains, sans terrain pour cultiver son jardin, sans nécessairement le temps ou la disponibilité pour le faire. Alors, les Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP) sont en quelque sorte un compromis pertinent. En effet, une AMAP est : - Non-violente en terme de non-coopération avec les systèmes de distribution classiques. Le but n'est pas d'aller mettre le feu à l'hypermarché du coin !
- C'est en quelque sorte une autonomisation par procuration : la production est locale (moins de 100 km, à comparer avec des fruits qui proviennent parfois... d'Afrique du Sud !) et un contrat particulier rapproche le consommateur du fermier de famille.
- La production étant locale, l'impact du transport est moindre.
- C'est une solution pédagogique : les enfants peuvent ainsi découvrir ce qu'est une ferme humaine (à comparer aux immenses serres qui recouvrent l'Andalousie par exemple).
- Au passage, last but not least, les produits sont plus sains, sans produit chimique de synthèse.
En ce qui concerne l'eau, c'est à mon sens une question de commune, voire bien souvent de communauté de communes. Ce qui ne veut pas dire que, en tant que citoyen, nous sommes impuissants. Je reviendrai par ailleurs sur cette question centrale (commune, eau). Idem pour l'habitat. Il reste que, ne serait-ce qu'en terme de nourriture, participer à une AMAP ne couvre probablement pas l'ensemble des besoins et désirs en nourriture. Au delà, il me semble qu'une réflexion s'impose, quant à notre façon de nous nourrir. Il ne s'agit pas de devenir végétarien, il ne s'agit pas de changer radicalement son régime alimentaire. Il s'agit, comme toujours, de rechercher la vérité. - Qu'est-ce que je mange ? , quels sont les procédés qui ont été utilisés ?
- De quoi est-ce constitué ? Quels sont les produits qui ont été utilisés pendant la culture, après la récolte ?
- Quels sont les procédés qui ont été appliqués (traitements chimiques, ioniques...) ?
- D'où cela vient-il ? Quel est l'impact du transport ? Qui a cultivé, fabriqué et dans quelles conditions ?
- D'où vient le désir voire le besoin de manger cela ?
- Ai-je conscience que ce que je mange devient une partie de moi ?
A ces questions, bien difficile d'apporter une réponse. Une solution simple : plutôt que de supposer, posez des questions ! Prenez conscience de toutes les réponses que vous n'obtenez pas, du décalage entre ces questions légitimes et la façon dont elles peuvent être perçues, de tout ce que vous ne savez pas à propos de ce que vous ingurgitez et qui devient une partie de vous ! Aimez votre corps et parlez-lui comme vous parleriez à un enfant : expliquez-vous à vous-même vos changements de style de nourriture, retrouvez les fruits et légumes de la Terre sur laquelle vous vivez ! A propos de style de nourriture, ma conviction est que c'est à chacun de trouver sa propre voie, à partir de recherches (Kousmine...) et surtout, à partir d'expériences concrètes vécues dans une grande attention au corps. Découvrez ce que votre corps aime vraiment, autrement dit ce que vous aimez vraiment. Et... découvrez la frugalité ! Enfin, l'article Nourriture, le prochain (petit ?) geste propose également d'autres pratiques concernant l'alimentation. Se vêtirUne première solution est... de se mettre à filer, de s'assoir à côté du rouet ! De façon plus réaliste, nous pouvons nous inspirer de principes de simplicité volontaire : - peu d'habits de bonne qualité,
- acheter d'occasion (sauf les sous-vêtements bien entendu),
- repriser, raccommoder...
Oui mais... Une question peut se poser, dès lors que l'on devient pratiquant de simplicité volontaire, lorsqu'on en termine avec ces pratiques quotidiennes, inconscientes, de coopération involontaire avec un système que nous ne voulons pas. Cette question est "Oui mais... Et les personnes qui travaillent dans ce système, dont je fais certainement partie... Que se passera-t-il si les AMAP se multiplient et que l'hypermarché du coin n'arrive plus à vendre ses légumes ? Les emplois au rayon "fruits et légumes"... ?" C'est ici, à mon sens, qu'il s'agit de mettre en perspective ce mouvement. Voici quelques articles de Sixième Soleil qui me semblent particulièrement adaptés : - Accueillir les changements
- Gérer ses croyances pour agir
- Imaginer le Paradis sur Terre.
Autrement dit, inscrivons-nous dans ces changements, provoquons-les ! Si des emplois disparaissent ici parce que les AMAP se multiplient, cela signifie que d'autres se créent là ! Il s'agit donc de s'inscrire dans cette évolution, de changer nous aussi. Soyons Gandhi aujourd'hui Je souhaitais simplement dire, ici, que nous sommes bien plus acteurs du système que ce que nous pouvons croire. Si ce système fonctionne, c'est aussi parce que nous le faisons fonctionner. Si nous souhaitons un autre système, la solution nous appartient, elle est non-violente et beaucoup plus accessible que ce que l'on pourrait imaginer. Levons-nous et regardons notre futur, c'est ce que nous construisons aujourd'hui. Soyons Gandhi aujourd'hui |